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Le commissaire au lobbyisme du Québec veille au respect de la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme et au Code de déontologie des lobbyistes.

8 mars : Le commissaire rend hommage aux femmes

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Mesdames... et messieurs, 

Aujourd’hui, le 8 mars, est la journée internationale des droits des femmes. Vous connaissez mon penchant pour les proverbes ! Alors je me suis dit qu’il serait intéressant de faire une petite recherche sur internet pour en trouver quelques-uns qui sauraient célébrer adéquatement ces droits et souligner l’équilibre essentiel que vous apportez dans notre vie et dans notre monde, à tous les jours.

Surprise et consternation. Je constate qu’après plus de 40 minutes de recherche je n’ai trouvé que des absurdités, d’autres temps et d’autres mœurs. Des simili-proverbes qui soulignent l’absolue nécessité de la bienséance, de l’obéissance, de la pudeur… Je me suis dit que je cherchais mal, qu’il est évident qu’en 2020 on doit trouver toute une manne de proverbes qui célèbrent l’intelligence, le courage, le sens de l’équité, la bonté, le sens de la justice, la bienveillance collective des femmes. Rien qui corresponde à mes attentes. Évidemment, plus on remonte dans le temps, plus c’est triste à lire. Et plus on se rapproche de notre époque, plus le constat est évident : les personnes qui s’expriment aujourd’hui le mieux sur les droits des femmes…sont des femmes.

En lisant toutes ces absurdités, je me suis auto-rassuré : les choses ont changé au Québec, me suis-je dit. Évidemment plus personne aujourd’hui n’oserait écrire des lignes aussi farfelues mais, bien mieux, plus personne n’oserait même les penser…

Pourtant votre Histoire est encore fragile et récente. En révisant avec mon fils pour son plus récent examen d’histoire j’ai ressenti un malaise oublié : je me suis fait durement rappeler que le droit de vote ne vous a été accordé au Québec qu’en 1940.  C’était hier, il y a à peine 80 ans. Au Fédéral, c’était avant-hier, en 1918. Jamais je n’aurai eu personnellement à me préoccuper d’un droit aussi fondamental. Ni mes garçons. Vous, oui. Vous avez dû combattre pour quelque chose qu’on désigne pourtant de nos jours comme fondamental dans une société démocratique.

Si notre société est naturellement imparfaite, il semble que nous ayons majoritairement cette volonté de promouvoir et d’assurer l’égalité. L’Assemblée nationale inaugurait au printemps dernier son nouveau pavillon et deux nouvelles salles en mémoire de femmes extraordinaires qui ont marqué l’histoire du Québec. La première députée élue à l’Assemblée nationale, Marie-Claire Kirkland-Casgrain, et la première Première Ministre du Québec, Pauline Marois. Des exemples certes, mais surtout une inspiration. Pour plusieurs générations. Une inspiration pour les droits des femmes.  La reconnaissance que les plafonds de verre sont chose du passé, que toutes les avenues sont possibles. Bien au-delà, une inspiration que je qualifierais d’encore plus fondamentale : pour notre société entière, pour nous les hommes, pour vous les femmes, pour nous insuffler les valeurs de l’égalité et de l’équilibre, et la volonté de les promouvoir et de les maintenir.

Dernièrement, un projet de réforme parlementaire a été déposé à l’Assemblée, proposant des choses qui peuvent nous sembler objectivement simples : la conciliation travail-famille, des congés parentaux, une garderie, l’arrêt des débats plus tôt en journée pour favoriser la vie familiale. Vous me direz que ça ne vise pas uniquement les droits des femmes. Non, et je crois sincèrement que c’est tant mieux. Il n’y a pas si longtemps, il faut se l’avouer, on n’y aurait même pas pensé. Ces changements ne visent pas que les femmes : ils visent l’équilibre et l’égalité. Aujourd’hui, l’égalité des sexes ne devrait plus être un sujet de discussion ni une revendication mais DOIT être une réalité visible, palpable, quotidienne. Grâce à des actions, des revendications et des sacrifices de générations entières de femmes, nous trouvons aujourd’hui absolument normal de promouvoir cet équilibre, essentiel à toute forme de vie, à toute société, à toute famille, à tout individu. Merci, du fond du cœur.

En cette journée internationale des droits des femmes, je vous souhaite donc de trouver votre plein équilibre. Le vrai. Celui qui permet de se tenir debout, quand on le veut; celui qui permet de grimper, où l’on veut; celui qui permet de choisir, ce que l’on veut; celui qui permet de vivre pleinement, comme on le veut, avec qui on veut; celui qui, enfin, permet d’Être qui on veut.

Bonne journée.

Jean-François Routhier

Commissaire au lobbyisme du Québec